Rize, Ghetto Ballet
Publié : octobre 2, 2004 Filed under: Cinema/TV, Entertainment/Sport | Tags: David Lachapelle, Krump, L.A, Lil C, Movies, Photo, Rap Mag, Rize, South Central, Street Dance, Watts Laisser un commentaire »Attention les yeux, Rize est un documentaire choc “dont les images n’ont aucunement été accélérées”. On en reparle à la fin du film !
“You’re Krump or you’re not!”
A première vue, les échanges entre Krumpers semblent d’une violence sans nom. La gestuelle syncopée ne permet pas une réelle dissociation des mouvements tellement l’énergie dégagée est à la limite du nucléaire ! Pourtant, au fil du documentaire, l’œil se familiarise et décèle les subtilités de chaque danseur. On observe même des similitudes avec les danses rituelles africaines, tant dans le maquillage tribal, la réunion des danseurs pendant les battles que la danse elle-même. Parallèle qui est d’ailleurs souligné par le réalisateur.
Chaque groupe possède son identité propre et chaque individualité affine son style à raison d’entraînements quotidien. Lil’C membre des Krumpers déclare “si tu ne t’es pas entraîné ne serait ce qu’un jour, ça se voit! Il faut pratiquer tout le temps”. Comme une véritable religion, aucun ne passent une journée sans danser. Le Krump, est “une conviction pas une mode” nous dit Dragon.
Battle Zone
Tout comme le b-boying, les échanges entre Krumpers se font dans des battles organisés ou non. Les battles de rue, très impressionnants visuellement et beaucoup plus spontanés amènent chaque danseur à se transcender. Convulsions, spasmes, on se déchaîne, on se pousse violemment, les visages sont durs, les muscles au bord de la rupture. On est à la limite de la transe et l’échange prend des allures de cérémonie vaudou. “On n’est pas violent, on se pousse c’est tout. C’est comme ça. Ça ne veut pas dire qu’on se déteste !” nous confirme Lil’C. Difficile à croire en images. Pourtant tout ce petit monde est reconnu pour sa non-violence et forme une grande famille qui respecte ses pairs. Au plus grand bonheur des mères de famille habituées à gérer des guerres de gangs.
“Urban Renewal”
C’est donc ça. Le Krump est né d’une frustration et d’une colère montante dans les quartiers les plus chauds de L.A. Bien plus qu’un phénomène de mode, cette danse couvre tout le mal être d’une population et la transforme en énergie positive. Nouvelle révolution culturelle pour une jeunesse désillusionnée. Le Krump a comme tout les mouvements undergrounds été happé par Hollywood et ses studios. Missy Elliot, la reine Hip Hop avant-gardiste est une des premières à avoir fait appel à ces danseurs hors normes pour ses vidéoclips toujours très “up to date”.
Ça ne vous rappelle rien ? New York, début des années 80, un certain Bambaataa…L’histoire se répèterait-elle ?
* à ne pas confondre avec “Crunk” qui est un style de musique venu du sud des Etats Unis. Le “Monestary” ou “Mona”, la danse qui s’y associe vient du nom d’un club à St Louis.
(article originalement paru dans Rap Mag – Oct2004)





