
A croire qu’il avait programmé sa sortie comme il préparait ses entrées sur scène, le Godfather of Soul s’est éteint un jour saint, le 25 décembre dernier.
Retour sur celui que l’Amérique ségrégationniste aurait aimé laisser sur le carreau.
James Brown faisait partie de ses leaders d’un autre ordre. Ceux qui n’étaient pas forcément des exemples de conduite mais qui avaient la capacité de rassembler par leur côté « grande gueule » et surtout parce qu’ils excellaient dans leur art. Ses campagnes, il les menait sur scène et en studio, travaillant jusqu’à épuisement ou énervement de ses musiciens. Un Mohamed Ali de la rythmique avec un jeu de jambes tout aussi comparable. Ses atouts forces, une prestance et un sens de la production musicale assez incroyable.
enfance à la dure dans les années 30 en plein dirty South. Il y a mieux pour démarrer dans la vie spécialement quand on est un jeune homme noir de ce côté de la Mason Dixon. A cette époque, le salut passe donc par accepter sa condition de « Noir » ou de prendre la tangente en tentant de bousculer le schéma. Rebel dans l’âme, Mr Brown choisit bien évidemment la seconde option. Marre de ramasser le coton ou de cirer les pompes, il s’essaie aux métiers plus lucratifs et moins avilisants. Entre escroqueries à la petite semaine et les virées par la case prison, c’est dans l’univers carcéral qu’il épousera la musique aux côtés de Bobby Bird, son premier compagnon de chant. A leur sortie, les nouveaux associés enregistrent » Please, Please, Please » et c’est ainsi que James Brown pose la première base de son empire musical.
Tout en éclatant aux oreilles du monde entier avec des titres comme « Papa’s got a brand new bag » ou « I got you, I fell good », il se fait un nom auprès de ses pairs lors de ses passages dans les clubs du Chitlin’ Circuit (clubs réservés aux noirs pendant la ségrégation, l’Apollo et le Cotton Club en faisait partie). Roi de la provoque, un brin excentrique, énervé de la scène, ses sorties sont toujours orchestrées et préparées comme un avènement. Et partout, on scande son nom en s’impatientant de le voir enfin sur scène.
James Brown le danseur, performer au corps presque désarticulé s’est vite bâti un statut d’icône tant au niveau artistique que social. Son tube « Say it loud, I’m black and proud » sorti en 68 dans un contexte socio-politique assez tendu, prône la fierté noire et rallie encore et toujours toute la communauté afro-américaine. Des titres bien plus universels, comme « Sex Machine », s’ajouteront à la longue liste de tubes et l’histoire fit le reste…
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