Bust A Move, Montréal

hmpaiLe 5 mai dernier, Montréal accueillait la 4e édition du « Bust A Move Battle », la rencontre de danse debout Hip Hop la plus prisée du Canada. C’est le premier événement du printemps après un long hiver. La petite, mais néanmoins active, communauté de danseurs sera de la partie. C’est l’événement le plus attendu des danseurs debout du pays… Reportage live from Montréal.

18h30 boulevard St Laurent, j’arrive en même temps que Tony Mc Gregor, l’un des jurés de la compétition. Nous pénétrons dans le Club Soda, une des salles de concerts les plus appréciées en ville. En attendant que la technique se cale, qu’Alexandra « Spicey » Lande briefe ses équipes, tour d’horizon sur la scène locale représentée aujourd’hui par la formation « Lock Unity », une collaboration de plusieurs danseurs actifs de la scène locking à Montréal. Boomboh et Trick Lock sont les plus disponibles. Ce soir, ils sont performers avec « Lock Unity », mais aussi danseurs catégorie Locking (ils ont participé au Juste Debout 2007 à Paris). La seule fille de l’assemblée Funky Miko s’échauffe sur le côté en attendant son partenaire Sash’U. « Les danseuses à Montréal sont surtout des lockeuses, si je ne compte pas les b-girls. Ce soir sur six équipes de Lockers, je crois qu’il y a trois filles », nous dit-elle.  Plutôt positif quand on sait que les filles sont sous-représentées dans la danse Hip Hop. Quoiqu’il en soit, elles ne sont pas moins actives à en croire les activités de Alex « Spicey », l’organisatrice de l’événement qui m’annonce d’emblée qu’elle n’a que sept minutes à m’accorder. Sept parce qu’elle doit faire le filage avec son groupe, gérer la technique, l’arrivée des DJ’s et du MC, sans oublier les danseurs inscrits. En vraie working girl de la danse, elle a lâché son job pour se consacrer pleinement à sa passion «  Ce n’est pas évident d’en vivre ici. Avec Unkut, j’organise ou je coordonne des événements liés à la danse de rue et je donne des cours. Il y a une scène, mais elle n’est pas aussi grande qu’à Paris. Ce soir, on attend un peu plus de 500 personnes.

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Ça commence vraiment à prendre forme », m’annonce-t-elle. À peine le temps de répondre qu’on l’appelle sur scène. Le Club ouvre enfin ses portes. Les danseurs arrivent peu à peu et confirment leurs inscriptions. Le jury revient de sa session fast-food. On est au complet. L’ambiance est tout ce qu’il y a de plus joviale. Tout le monde s’embrasse, échange, danse. Une vraie communauté à l’échelle familiale. « Ici on n’est pas dans l’esprit battle. On se connaît tous donc il n’y a aucune animosité. Personne ne cherche à écraser l’autre. Ce soir, ils vont juste donner le meilleur… », confirme Boot Camp Pat, chorégraphe et Jury Locking de la soirée. Avant d’appeler les danseurs sur scène, les DJ’s Frank Bld et Static nous balancent quelques morceaux de G- Funk et de Hip Hop, histoire de réchauffer la salle. Dans le public, certains sont venus en famille tout à fait par hasard. « Je ne savais même pas que ça existait ! », me lance une mère de famille. La curiosité les a fait rentrer et ils ont l’air d’apprécier. D’autres sont venus encourager des amis danseurs et le reste pour l’amour de la danse… Now it’s time to battle ! Dr Step, le maître de cérémonie tout de noir vêtu, lance quelques vannes avant de déclarer la session ouverte. Lui, c’est un Eddy Murphy from Haïti, marrant comme jamais, le roi du second degré qui n’a pas peur du ridicule.  C’est parti pour quatre heures de danse : Locking, Hip Hop, Popping et House. Un seul regret, les juges ne feront pas de démo, pas le temps. Sans transition, on accueille les danseurs. Comme toujours certains sortent du lot dès leur premier passage. Les premiers pas sages m’annoncent déjà qu’il va falloir suivre de près Trick Lock & Boomboh, les lockers, qui montrent une harmonie presque parfaite et sont techniquement à la hauteur. Côté Hip Hop, Sara & Fara, plus connues sous le nom de XXL, ont du souci à se faire face à 2 Marvelous, un duo tout droit sortis des 90’s férus de Hype jusqu’au costume à pois et de New Jack Swing ! Du côté du Jury, c’est Budda Strech qui ne tient pas en place comme s’il voulait lui aussi participer. Le Popping reste la catégorie de la compétition la plus ouverte. Pas de favoris, mais le niveau est élevé. Enfin en house, place à la féminité, la ravissante Neneh laisse toute la salle en émoi par sa grâce et ses « skills ». Énergique et musicale, la finale lui tend les bras et ce n’est pas Marvin Baptiste de Montréal ni même Tony Mc Gregor, les juges, qui me contrediront.
Bust A Move Montréal prouve que battle ne veut pas forcément dire « fight ». On a rarement vu dans le
monde de la street-dance autant d’échanges positifs que sur cette scène. Ici on danse pour soi, pour le public, la musique et avec passion. C’est peut-être l’esprit des Montréalais qui transpire sur scène. Le conflit ? Pourquoi faire ? C’est tellement mieux quand on est tous ensemble. Paris devrait-il immigrer à Montréal

 

 



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