Andrew Meza – Pump Up The Volume
Publié : juin 28, 2007 Filed under: Music | Tags: Andrew Meza, Brain Magazine, BTS, DJ, Fullerton, Funk, Hip Hop, Jay Dee, Jazz, LCP United Crew, Nigel Peake, Pump Up the Jazz, Radio, Set, Soul, Ubiquity Laisser un commentaire »
Basé à Los Angeles, “Maze” est, à lui tout seul, une petite entreprise, partageant ses activités entre son travail pour le label Ubiquity, son statut d’étudiant à l’Université de Fullerton, et, bien entendu, BTS Radio Show, l’émission qui diffuse le meilleur de la scène indépendante. Le principe est simple : un invité trié mais en toute subjectivité et c’est parti pour une heure de découvertes. De Janeiro Jarel aux Japonais de Jazzy Sport en passant par TM Juke, chaque mardi est un prétexte pour s’amuser aux platines avec une pointe de hip hop, du concentré de soul, des touches de broken beat, beaucoup de funk et même du jazz, pourvu que le mélange soit bon ! Entrevue avec une PME qui deviendra on l’espère LA grosse multinationale du bon son.
Je rêve où tu es le plus jeune Responsable Promo de toute l’industrie du disque ?
Andrew Meza : Ecoute, je ne sais pas. J’ai su très tôt que je voulais bosser dans la musique, Depuis le lycée, je pense… J’ai encore beaucoup à apprendre surtout maintenant, à l’ère du tout digital, j’ai toujours pas d’iPod (Rires).
Quelles sont les étapes par lesquelles tu as dû passer pour bosser chez Ubiquity? Etait-ce un rêve d’ado ou juste la continuité de ta passion pour la bonne musique ?
C’est clairement ma passion pour la musique. Je suis passé néanmoins par la voie traditionnelle. J’ai ciblé les labels que je respectais et ceux dont j’étais particulièrement fan. La diversité et le statut d’Ubiquity Records sur la scène indépendante a orienté mon choix assez facilement. A vrai dire, c’est le seul label à qui j’ai envoyé une candidature de stage! Je continue de vivre mon aventure chez eux depuis 2005. J’ai passé les étapes à force de patience, de volonté et de travail, tout simplement.
Désolée d’insister sur ton âge, mais c’est assez rare de croiser un mec de moins de 30 ans avec une culture musicale plus grande que la Californie. Comment as-tu commencé à creuser le sillon ?
Je pense tout d’abord qu’il ne faut pas lâcher le morceau sans oublier de faire ses devoirs en lisant les ‘liner notes’ et les crédits. Pourchasser activement le son et garder l’oreille ouverte. Mais il faut être constant et sérieux dans l’exercice. Il faut plonger dans son intérieur mine de rien, et tout ça, ça prend du temps…
Et naturellement, tu crées BTS Radio ?
Ma dernière année de lycée, je savais qu’il me fallait être dans une université qui possédait une antenne. Je ne sais pas exactement ce qui m’a inspiré mais je voulais tester le terrain en tant que DJ pour une radio et jouer la musique que j’écoutais. Celle qui malheureusement était trop underground pour que la masse puisse y accéder.
Tu es comme un jeune instituteur qui enseigne la musique de ces artistes qui ne passent pas, ou ne veulent pas, passer la ‘mainstream’ line…
…Je pense vraiment que tous les artistes rêvent d’être mainstream ou en tout cas d’être écouté par le maximum de personnes. Pour l’industrie indie que je supporte, c’est toujours un plaisir pour moi de diffuser ça dans les oreilles du public.
Alors, je savais le show vraiment bon, mais maintenant je suis jalouse parce que le website est graphiquement à la hauteur. Es-tu aussi graphiste, parce que là je m’énerve, trop de qualités chez un type encore à l’université, ça commence à devenir irritant !
Non, non je ne suis pas graphiste, mais c’est vrai que je reste dans cet univers et que je fouine çà et là pour BTS. Nigel Peake a designé le lay-out original en 2003. Mais cette année toutes les corrections, mises à jour, etc… ont été apportées par mon ami et associé Ques du LCP United Crew. Il est juste incroyable et je suis content de l’avoir dans mon équipe. Son style se marie parfaitement à la musique qu’on joue. Et c’est toujours difficile de trouver quelqu’un qui comprend l’esprit tout de suite. J’ai beaucoup de demandes concernant son travail. Mais n’espérez rien si vous n’avez pas de $ ou alors mieux, de S pour Son (Rires).
Comment fais-tu la programmation de ton show ? Freestyle ou planifié carré ?
Les deux. C’est presque impossible de caler des dates fixes avec mes invités, il y a toujours un imprévu. J’ai appris à laisser les affaires suivre leur cours et j’ai surtout appris la patience! Pour BTS, j’essaie de préparer un minimum mais avec l’école et le travail, le show finit toujours en freestyle.
Est-ce que les artistes te démarchent et si certains l’ont fait, qui ? Je veux des noms…
J’ai des demandes, mais à 95% c’est moi qui suis demandeur. Je suis très sélectif et je n’aurai jamais un artiste dont le travail ne m’est pas familier. Si j’ai des demandes, je veux qu’ils me posent du lourd sur les platines. Je n’ai pas de restrictions et je suis partant pour toutes sortes d’artistes, le tout est que ça soit bon. Les invités sont après tout la marque de fabrique de mon émission. Au passage, je remercie vraiment tous ceux avec qui j’ai collaboré.
Quelle est la session dont tu es le plus fier depuis 2003 ?
Ça fait un peu cliché de dire ça, mais je suis vraiment fier de toutes celles que j’ai enregistrées. Chaque semaine, je suis vraiment heureux de pouvoir retourner la place !!!
Explique-moi comment tu trouves le temps de tout boucler entre ton travail chez Ubiquity, ton émission, l’école et tes activités de DJ ?
Franchement je ne sais pas. C’est ma dernière année d’université à CSUF (Cal State Fullerton) et je travaille en ce moment sur le développement d’un site web dédié au cinéma, mon autre passion. J’ai de beaux jours devant moi. Je profite, ça vaut vraiment le coup et c’est tout ce que j’aime !
Dans tes rêves les plus profonds, quel est l’artiste que tu rêves de recevoir ?
J’ai toujours dit que si j’avais eu la chance d’avoir Jay Dee dans mon émission, j’aurais arrêté BTS ! En fait, mon tout premier show, le 7 octobre 2003, était un “Dilla Tribute”. Je pense que c’est important de connaître nos maîtres quand ils sont là et pas juste à titre posthume. Je l’ai rencontré deux fois et à là deuxième rencontre, je lui ai demandé s’il était intéressé pour faire une émission avec moi. Je pensais qu’il serait poli mais déclinerait l’invitation, il avait d’autres chats à fouetter après tout. Je n’y croyais pas quand il m’a dit “Quand tu veux, c’est parti!”. Par la suite j’ai appris que la maladie l’avait rattrapé avant que je ne puisse arranger quoique ce soit. Je ne savais pas qu’il faisait des allers-retours à l’hôpital. Comme beaucoup de personnes, sa mort m’a vraiment affectée. Musicalement, il représentait beaucoup pour moi. Je suis trop jeune pour m’identifier aux pionniers du hip hop. Dilla a vraiment été une référence dans ma culture musicale, j’ai suivi son parcours depuis le début. J’ai grandi au son des Rawkus, Stones Throw et Dilla. C’est difficile de mettre des mots sur mon admiration pour ce type. Ça me rend dingue quand j’entends les gens qui ne jure que par Donuts et The Shining. Ce sont de très bons albums, bien sûr. Mais si ces gens se disent admirateurs de Dilla, ils doivent faire leurs devoirs ou revoir leurs leçons. Ce type était tellement prolifique…
Pour finir, ta playlist du moment ?
Radio Citizen – The Hop (Hudson Mohawke Remix)
FLYamSAM Feat. Dolly & Byron The Aquarius – Roberta Flack
Zero 7 – Speed Dial No. 2
Sia – Numb (Live)
Martial Solal – New York Herald Tribune
Les 5 artistes qui tourneront toujours sur tes platines ?
J Dilla
Bugz In The Attic
Marvin Gaye
Stevie Wonder
Neptunes
Enfin, je crois (Rires).
Qu’est ce qu’on peut te souhaiter pour les années à venir ?
Euh… une piscine pleine de pièces en or comme dans Picsou et un rendez-vous avec Paz Vega. Elle est mariée, non ? Je ne sais pas, mais c’est une fille d’Hollywood ça ne devrait pas poser de problème (Rires).
(First published on Brain Magazine)




