Badu en mode j’ai la flemme mais je suis belle. Plus jamais!
Publié : août 5, 2008 Filed under: Events, Life, Music, Women | Tags: Brooklyn, Concert, Erykah Badu, Report Laisser un commentaire »
Si on m’avait dit qu’un jour je quitterai un concert d’Erykah Badu avant la fin, je n’y aurai pas cru une seule seconde. Et pourtant hier, le drame s’est produit.C’est à dire qu’il y a des gigs qui commencent mal avant même que l’artiste ne monte sur scène.
En gros, le flyer indique 7h30 sur scène et jusqu’à présent ces américains ont toujours été réglo sur les horaires. Avec eux, l’heure c’est l’heure, pas de place pour le contre-temps ou l’imprévu. Mais cette règle ne vaut pas pour Miss Badu. Je reviens…
Donc arrivée à 6PM ce qui est raisonnable pour un concert à 7.30 mais c’est sans compter toute la communauté afro de NY. Les 5 boroughs sont definitely au rendez-vous. Armés de chaises pliantes, glacières et victuailles en tout genre. Il y a bien un truc qu’on oublie pas en Amérique du Nord c’est de s’en mettre plein la panse quelque soit les circonstances. Me voilà à faire la queue sur 2 blocks et demie pendant une bonne heure.
Alors, être entourée d’américains c’est quelque chose mais d’afro-américains, c’est le Comedy Show. Quelle gouaille! Un faux pas et on te canarde de vannes sur la place publique. Ce talent naturel à la riposte aiguisée, je n’avais vu ça qu’en Afrique. Comme quoi même après 400 ans, un brain-washing et des milliers de kilomètres parcourus, la base est restée bien solide.
Il est 7PM et je suis enfin dans le stade. Le curator des Martin Luther King Series prend le mic pour nous faire patienter. Ce qui au début meublait bien l’attente est très vite devenu insupportable. Et le voilà qui tchatche remerciant les sponsors un à un, rappelant le public à voter le 4 novembre, remettant des prix à de jeunes donzelles pour je-ne-sais-quoi et blabla et blabla. Vint ensuite, l’erreur fatale. Un pasteur de Brooklyn reprend le micro et nous voilà plongés sur God TV. Vous savez ces grandes messes données dans des stades où des milliers d’élus prient à ciel ouvert pour mieux communiquer avec Celui qui nous regarde d’en haut.
Soyons sérieux deux minutes. Dans quel monde (à part les States et le Brésil je pense) on fait ça? “And God bless the sponsors” (Les mecs ont pas besoin de God mais de pèlerins comme nous pour les faire bouffer sans redistribuer, come on!), “and God bless our soldiers in Iraqi Fields”, “and God bless you for being healthy tonight”… Une litanie d’au moins 10 minutes de God bless ci et God bless ça, c’est énorme je vous assure. Le mec a juste béni la moitié de la terre mais a oublié pourquoi on était là: La musique! Et pour couronner le tout, le stade s’est levé au complet pour un “Notre Père” collectif. J’ai compris à ce moment, la puissance de la religion. Mains levées au ciel, paumes ouvertes, têtes baissées, et c’est parti pour un “Our Father, Who art in heaven, Hallowed be Thy Name…”
Il est 8h40 et j’ai la tête en vrac, je n’en reviens toujours pas quant à la messe imposée que j’ai du subir, j’ai faim et Badu n’est toujours pas là. On nous claque un DJ qui sort de nulle part et le gars nous balance des titres sans aucun fil conducteur et dans cette impro totale, les musiciens lancent l’assaut sur “The Healer”. OK. D’où venez-vous? Ça fait une heure qu’on patiente et vous ne frappez même pas à la porte. La diva arrive et enchaîne, elle aussi, son prêche “Humdi Lila Allah Jehova Yahweh Dios Ma’ad Jah pour rater la première marche sur On&On. La foule applaudit timidement mais pas de vraie liesse. Et à l’image de cette plantade, les autres titres de mes 3 quarts d’heure n’auront rien de cette magie qu’elle est capable de donner (pour l’avoir vu 2 fois sur scène) Rien d’exceptionnel ne s’est passé et les titres se sont enchaînés sans jamais emporter le public. Même le révérend nous a bien mieux tenu en haleine. Résultat, je quitte le stade comme beaucoup d’autres à 21h45, plus que déçue.




