Jazz Rock vs Jazz Fusion (JD Mag#7, Mars 2006)
Publié : décembre 14, 2008 Filed under: Arts, Music | Tags: Alex Benth, Amsterdam, Berry Brothers, Black Blanc Beur, Brothers In Jazz, Crackers, Dance, Danse Jazz, Disco, DJ Chabin, Electric Ballroom, Histoire, IDJ, Irven Lewis, Jazz Fusion, Jazz Rock, Jeux de Jambes, John Agesilas, Juste Debout Mag, Leeds, Lindy Hop, London, Modern Jazz, Nicholas Brothers, Northern Jazz, Paris, Richard Mpassi, Street Dance 2 Commentaires »Filiation, parenté, légitimité, c’est souvent la question qu’on se pose quand un mouvement prend de l’ampleur. C’est le cas du jazz-rock. Pour l’occasion, on déplace le curseur d’Harlem vers l’Europe et plus particulièrement sur 3 capitales: Londres, Paris et Amsterdam, Enquête sur la complexité de cette danse avec 3 professeurs ès-jazz dance: Irven Lewis (uk), Richard Mpassi (fra) et John Agesilas (uk/nth).
On ne parle pas de modern jazz. On évoque ici, les années 20 et cette danse qui a pour origine le jazz roots des Cotton Clubs. Fin des anées 70 une mutation musicale s’opère dans les clubs londoniens et parisiens. Alors habitués à danser sur de la disco puis de la soul-funk, les irréductibles des dancefloors se retrouvent à se mouvoir et adapter leur gestuelle à un son bien plus rapide que ce qu’ils avaaient l’habitude d’entendre.

Pour Londres, des DJ’s comme Snowboy reviennent aux sonorités jazz d’avant la disco. Un véritable revival sur les platines et un radical changement pour les danseurs. “C’était plus rapide que le funk. Certains ont pris la tangente vers la house et d’autres comme nous ont bloqué sur le jazz pur” raconte Irven Lewis de Brothers In Jazz. À l’époque en Angleterre, il existe deux styles de danse: Le Northern Jazz que pratique les gens de Leeds (d’où vient Irven) et la Fusion provenant de Londres. L’école Leeds étant beaucoup plus proche de la danse contemporaine et du ballet, elle ne trouve pas d’écho à Londres où la gestuelle est plus funky, plus rapide et surtout bien plus populaire. Des battles avant l’heure s’organisent alors tous les lundis, de minuit à midi, dans les clubs de la capitale entre les Brothers in Jazz, de Leeds et I DJ’s (pour I Dance Jazz) de Londres. ” Nous avons alors créé un nouveau style qui mêlait les deux influences…bien plus plus swing et orienté club” indique Irven.

Pendant ce temps en France, DJ Chabin change la donne au Bataclan en abandonnant Shalamar et Cameo pour passer du Marcus Miller ou Stanley Clarke. “A l’époque on ne savait pas comment se comporter sur ce son. On s’est donc basé sur les instruments. On a pris la base, ensuite les percus et ainsi de suite. C’est seulement comme ça qu’on a apprivoisé cette musique” explique Richard Mpassi, le plus passionné du collectif “Jeux de Jambes”. Celui qui n’a jamais abandonné ses footworks quand le Hip Hop est arrivé, balayant la mouvance jazz au milieu des années 80. “Je suis pourtant allé voir ailleurs. J’ai 20 ans d’activisme au sen de Black Blanc Beur mais je n’ai jamais abandonné ma passion pour le jazz-rock”. Le temps passe et, en France, on préfère le “smurf” et le break. Les cercles ne comptent plus que des jeunes en survêt’ de polyester. Fondu au noir pour le jazz rock…Renaissance 25 ans plus tard, avec la création de “Jeux de Jambes” qui ne compte dans ses rangs que des anciens de l’époque Bataclan.
Avec ce come-back, les français ont involontairement soulevé la question de la légitimité de cette danse, en la proclamant 100% franco-française. Résultat, on se tiraille de part et d’autre de la Manche. Pour Irven Lewis, il n’y a pas à se chamailler: “la seule chose qui pourrait prouver les débuts de cette danse sont les documents. De mon côté, j’ai des éléments de réponse…”. Richard est bien plus radical quand il évoque les débuts: “Le jazz-rock est né en France, on n’a eu aucun référent sur les origines du Jazz-Roots, si ce ne sont les quelques pas de Lindy Hop. On dansait avec notre ressenti, on n’a pas pu copier un style”. John Agesilas est quant à lui très perplexe sur l’histoire française: “Je suis sûr que les anglais étaient là avant. Tout a commencé avant les 70′s. Les gens dansaient au Crackers ou à l’Electric Ballroom. C’était bien avant que je n’arrive!”
Plus que de se crêper le chignon sur la datation de grossesse, la question pour Lewis est de savoir “Qui danse quoi et comment?”. Et c’est là que l’exercice devient intéressant. Pour John Agesilas, les français sont plus proches du Hip Hop. “Je pense qu’ils ont été influencé par l’âge d’or du jazz afro-américain avec les Nicholas et les Berry’s Brothers…” A celà, Richard réplique “Ce qui est fort, c’est qu’à cette époque, on ne savait même pas qui étaient les frères Nicholas. Les seules vidéos qu’on a pu voir, étaient celle de Fred Astaire qui passait le dimanche à la TV…” Irven statue en affirmant ” nous dansons de la même façon mais pas du tout sur la même musique. Les mouvements sont plus rapides chez nous parce qu’on danse sur des titres résolument jazz à la Miles. Alors que les français, dansent sur du James. Richard, plutôt d’accord sur cette analyse, ponctue néanmoins sur la musicalité de l’école française “Quand tu vois l’un de nous danser, tu captes instantanément s’il est sur le saxo ou la basse. J’ai eu l’occasion de voir les anglais, et avec tout le respect que je leur dois, je ne vois pas ce sur quoi ils se basent. C’est une succession de steps effectués rapidement mais sur quoi? Toute la différence est là!”





Merci, ma belle, pour ce très chouette article, je crois que je vais diffuser du darkskinlady. Je suis très contente qu’on reparle de ça.Les gars comme Chabin devraient être mondialement reconnus!!! ça m’a donné des frissons de voir ces images. ça m’a renvoyé à Alvin Ailey!!! Non, really!!!!
Bravo pour ce mini-dossier ou enquête, j’y ai appris plein de choses.
Tu es journalistes ? Travailles-tu pour un journal ou un magazine?
Ca me ferait plaisir de te lire tant içi qu’ ailleurs.
Dans tous les cas j’aime beaucoup ta maniére d’écrire ;en espérant arriver à ce résultat un jour.