Harlem, 125th Street = Third World
Publié : janvier 8, 2009 Filed under: Life | Tags: 116th st, 125th st, American Dream, Côte d'Ivoire, Cotton Club, Harlem, Lenox Avenue, Little Senegal, NY, Sénégal, Sénégauloise, Third World 1 Commentaire »
En 2001 sortait « Little Sénégal » un film de Rachid Bouchareb. en référence à la portion de 116ème annexée par une population africaine arrivée late 80’s à Harlem. 2008, le quartier compte une communauté africaine qui dépasse les seules frontières du Sénégal.
Moi qui pensais capter ce qu’il restait de l’héritage Cotton Club, tout en ayant bien conscience que tout ça ne relevait que du fantasme. J’ai eu l’étrange sensation de me retrouver sur la route Dakar, tentant de me frayer un chemin entre la population locale, les étals de manioc tout en essayant de déchiffrer ce que l’on disait sur mon profil clairement indentifié « Sénégauloise ». A New York, même combat. Les nuyorkais savent que je ne suis pas du coin, et la population africaine aussi. Elle le sait, mais à la différence des américains, elle est à même de situer mon pays de provenance. « Sénégauloise » c’est bien ce que je disais.
Difficile donc de flâner le samedi sur la 125ème, savant mix d’American Dream et de commerce parallèle made in Third World. Tout se vend, tout s’achète. Des fakes Air Jordan aux elixirs douteux de marabouts tout aussi suspects. Des trottoirs bondés comme un jour de marché à Ouaga, des salons de coiffure afro qui finissent sur la rue parce que la clim’ ne peut pas lutter aux envoyés de Dieu qui prêchent aux intersections. Des « hustlers » qui revendent ce qu’ils peuvent et moi, qui ne gère ni l’unité de lieu et encore moins celle du temps. Tout est sans dessus dessous. Le dollar se serait-il transformé en CFA ? Je demande à comprendre. Je pensais être chez « l’américain tout puissant » au lieu de ça, je revis une scène déjà vécue mais beaucoup plus au sud, là où tout est débrouille et souvent embrouille. La grande question est : à quel moment y a-t-il eu dysfonctionnement ? Africains fraîchement débarqués ne parlant pas un mot d’anglais embauchant américains dans leurs restaurants, salons de coiffure et même sur leurs étals de fortune. Avant on écrivait des chansons et on envoyait des sacs de riz. Maintenant il suffit de drafter deux ou trois « tiers-mondistes » un peu plus affamés et surtout moins accaparés par la sortie de la 23ème Air Jordan et vous obtenez une micro société qui vit de son économie et qui efface au passage l’identité d’une rue. Bientôt je vous le dis le consulat du Sénégal et de la Côte d’Ivoire ouvriront leurs bureaux sur Lenox avenue et avec un peu de chance on fera des échanges standards entre les populations. On est aux Etats-Unis, tout se négocie alors prenons nous à rêver !





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