Archives pour le tag : Black Pride

« Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage » Maya Angelou (Les Allusifs)

12 nov

image-22Le contexte socio politique aidant à remuer les éditeurs et leur back catalogues, le premier roman autobiographique de Maya Angelou est pour la première fois traduit en français et quel soulagement!

En VF, le titre ne vous évoque rien et pourtant si l’histoire afro-américaine vous intéresse quelque peu, « I Know Why the Caged Bird Sings » résonnera dans vos oreilles comme un air de déjà entendu. Déja entendu, parce qu’on ne compte plus les lyrics ou titres de chansons qui font référence à cet ouvrage culte dans l’histoire de la littérature noire.

Maya Angelou est écrivain, poète, journaliste, metteur en scène, comédienne. Elle fait partie de ces femmes nées dans un contexte pas très jovial aux Etats Unis. et malgré sa position de femme, tiret, noire, elle a toujours porté en elle l’engagement pour son peuple.

Luttant avec les équipes de Martin Luther King Jr, philosophant avec James Baldwin, elle voyage en Afrique et finit par revenir au pays cette fois aux côtés de Malcolm X. Ce dernier assasiné, elle retourne dans les rangs du Dr King et poursuit son combat. Seulement le jour de son anniversaire, le 4 avril 68, Martin Luther King est lui aussi abattu sur le balcon de sa chambre d’hôtel. Ces deux meurtres marquent un tournant dans la vie de Maya et avec l’aide de James Baldwin elle prend la plume et accouche de ce premier ouvrage en 1969.

Pour la suite il va falloir courir chez votre libraire du corner et placer le livre entre « La prochaine fois le feu » de James Baldwin (Mon livre Culte), « Nina Simone, une vie » de David Brun Lambert et « Assata, an autobiography » d’Assata Shakur. On pourrait y ajouter un Toni Morrison et voilà une étagère, on peut dire cohérente!

Miriam Makeba 1932-2008

10 nov

Copy and Paste : Grace Jones vue par Chris Cunningham (Dazed & Confused Nov08)

24 oct

“It’s not fashion, it’s an anti-fashion shoot »

Grace Jones

« Grace has the strongest iconography of any artist in music »

Chris Cunningham

Alvin Ailey Dance Theater 50th anniversary

9 août

Quand on est un amoureux de la danse sous toutes ses formes, on ne peut passer devant l’héritage Alvin Ailey.

Alvin Ailey c’est ce chorégraphe afro-américain qui a su bousculer la danse Académique en créant un ballet hommage à toute la culture noire. Les influences y sont blues, jazz, gospel, soul et afro et la compagnie est a 90% composé d’afro-américains. Et pour autant, jamais aucun ballet américain n’a connu un tel succès depuis.

Célébrée dans le monde entier, la compagnie fête donc ces 50 ans et en profite pour rendre la danse à son public, comme le voulait son fondateur, en proposant des sessions gratuites pour le public et mieux, des performances dans la ville.
Le New York City Center nous a donc fait l’honneur d’ouvrir ses portes pour apprécier le travail de la nouvelle génération Ailey ce samedi 8 aout. Et que d’émotion!
Je dois dire que la danse est la seule forme artistique qui m’émeut au point d’en avoir la boule au ventre. Dans ce vas précis, le sentiment est décuplé parce que la bande originale me prend aussi par les tripes. Donald Byrd, Charlie Parker, Count Basie, Larry Mizell, Duke Ellington et les autres spirituals qui font chaque pièce vous emmènent straight to the cotton fields or the Cotton Club.


(Judith Jamison signin autographs)
Si vous nétiez pas à Paris il y a 2 étés ou si vous ne savez même pas de quoi il s’agit.
Petit cadeau, à regarder en boucle.
« Revelations » ou la première pièce signée Alvin Ailey, un voyage down to the South. Enjoy…

Life Magazine: Remembering Martin Luther King, JR. 40 Years Later

7 avr

Ce mois-ci, ma sélection kiosque s’arrête sur le spécial de Martin Luther King Jr du Life Magazine. 40 ans après l’assassinat du leader et surtout 40 ans après une époque de lutte pour les noirs américains, les Etats Unis pourraient bien avoir un Président noir.

Si l’espoir fait vraiment vivre, on peut peut-être espérer voir Barack Obama remporter l’investiture. Le seul problème c’est qu’on sait tous comment ont fini les gars qui criaient trop fort qu’il y avait de l’espoir aux Etats Unis but We Shall Overcome disait le révérend King. En espérant qu’il vait raison…
La couverture de Life datée du 12 avril 1968

Journée Internationale de la femme: Ain’t Got No, I Got Life (Nina Simone)

8 mar

Ain’t got no home, ain’t got no shoes
Ain’t got no money, ain’t got no class
Ain’t got no skirts, ain’t got no sweater
Ain’t got no perfume, ain’t got no beer
Ain’t got no man

Ain’t got no mother, ain’t got no culture
Ain’t got no friends, ain’t got no schooling
Ain’t got no love, ain’t got no name
Ain’t got no ticket, ain’t got no token
Ain’t got no God

What about God?
Why am I alive anyway?
Yeah, what about God?
Nobody can take away

I got my hair, I got my head
I got my brains, I got my ears
I got my eyes, I got my nose
I got my mouth, I got my smile
I got my tongue, I got my chin
I got my neck, I got my boobs

I got my heart, I got my soul
I got my back, I got my sex
I got my arms, I got my hands
I got my fingers, Got my legs
I got my feet, I got my toes
I got my liver, Got my blood

I’ve got life , I’ve got my freedom
I’ve got the life

And I’m gonna keep it
I’ve got the life
And nobody’s gonna take it away
I’ve got the life

James Brown (1933-2006)

3 jan

1228apollo

A croire qu’il avait programmé sa sortie comme il préparait ses entrées sur scène, le Godfather of Soul s’est éteint un jour saint, le 25 décembre dernier.

Retour sur celui que l’Amérique ségrégationniste aurait aimé laisser sur le carreau.

James Brown faisait partie de ses leaders d’un autre ordre. Ceux qui n’étaient pas forcément des exemples de conduite mais qui avaient la capacité de rassembler par leur côté « grande gueule » et surtout parce qu’ils excellaient dans leur art. Ses campagnes, il les menait sur scène et en studio, travaillant jusqu’à épuisement ou énervement de ses musiciens. Un Mohamed Ali de la rythmique avec un jeu de jambes tout aussi comparable. Ses atouts forces, une prestance et un sens de la production musicale assez incroyable.

enfance à la dure dans les années 30 en plein dirty South. Il y a mieux pour démarrer dans la vie spécialement quand on est un jeune homme noir de ce côté de la Mason Dixon. A cette époque, le salut passe donc par accepter sa condition de « Noir » ou de prendre la tangente en tentant de bousculer le schéma. Rebel dans l’âme, Mr Brown choisit bien évidemment la seconde option. Marre de ramasser le coton ou de cirer les pompes, il s’essaie aux métiers plus lucratifs et moins avilisants. Entre escroqueries à la petite semaine et les virées par la case prison, c’est dans l’univers carcéral qu’il épousera la musique aux côtés de Bobby Bird, son premier compagnon de chant. A leur sortie, les nouveaux associés enregistrent  » Please, Please, Please » et c’est ainsi que James Brown pose la première base de son empire musical.

Tout en éclatant aux oreilles du monde entier avec des titres comme « Papa’s got a brand new bag » ou « I got you, I fell good », il se fait un nom auprès de ses pairs lors de ses passages dans les clubs du Chitlin’ Circuit (clubs réservés aux noirs pendant la ségrégation, l’Apollo et le Cotton Club en faisait partie). Roi de la provoque, un brin excentrique, énervé de la scène, ses sorties sont toujours orchestrées et préparées comme un avènement. Et partout, on scande son nom en s’impatientant de le voir enfin sur scène.

James Brown le danseur, performer au corps presque désarticulé s’est vite bâti un statut d’icône tant au niveau artistique que social. Son tube « Say it loud, I’m black and proud » sorti en 68 dans un contexte socio-politique assez tendu, prône la fierté noire et rallie encore et toujours toute la communauté afro-américaine. Des titres bien plus universels, comme « Sex Machine », s’ajouteront à la longue liste de tubes et l’histoire fit le reste…